Au départ…
Le niveau inférieur du bâtiment a été construit en 1826 pour y abriter les anciens abattoirs. Il s’adossait à un talus très prononcé et dès le départ deux accès étaient prévus: l’un depuis l’Hourride, l’autre depuis la Place de l’Hôtel de Ville.
Un peu plus tard, aux alentours des années 1850, un théâtre municipal a été érigé au-dessus de l’abattoir et une extension au nord, au-dessus du passage piéton menant à l’Hourride, a accueilli une scène en 1887. Ces activités ont perduré jusque dans les années 1970-1980. Plus tard, le bâtiment aura une troisième fonction, celle d’un four à pain pour une boulangerie située non loin de la Place de l’Hôtel de Ville (à l’emplacement actuel de l’assurance Gan).
Nouvelles ambitions
En 2010, l’artisan boulanger, qui fait faillite, résilie le bail commercial avec la commune ; cette dernière récupère la bâtisse. L’équipe municipale en place depuis 2008, menée par Michel Oliva, saisit l’occasion pour réhabiliter ce bâtiment à valeurs esthétique et patrimoniale et pour redynamiser la place de l’Hôtel de Ville.
Le réaménagement de ce lieu en médiathèque doit répondre aux besoins de la population croissante de la ville en présentant une surface agrandie, mieux pensée en fonction des missions de cet établissement culturel phare, et des équipements plus modernes.
En août 2013, la commune de Cazères dépose une demande de permis de construire. C’est l’agence toulousaine Munvez-Morel Architectes qui se charge des travaux. Elle est au cœur de nombreux projets ambitieux à Toulouse (DRAC Midi-Pyrénées, station de métro Ramonville…) et dans le département. L’avis de l’architecte des Bâtiments de France est obligatoire puisque l’édifice se situe dans le périmètre de protection d’immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques (l’église de Cazères). Une étude des sols sur la prévention des risques naturels (mouvement des sols argileux) est également demandée et effectuée.
Nouveau projet
Les travaux vont concerner à la fois la réhabilitation du bâti ancien avec la rénovation de façade (RDC et RDC +1), la création d’un plancher intermédiaire dans la hauteur du niveau inférieur (RDC -1 et -2 section jeunesse et bureaux du personnel) mais aussi le rajout d’un volume en extension du bâti existant qui va surplomber l’Hourride en augmentant la surface totale (RDC et RDC +1). Les 320 m2 seront répartis sur quatre niveaux : RDC +1 section adultes et terrasse, RDC accueil et section musique/cinéma/BD, RDC -1 en demi-paliers pour la section enfants et jeunesse et RDC -2 avec les locaux techniques et les bureaux du personnel.
Cette proposition a pour but d’allier le respect du bâti ancien et l’intervention architecturale contemporaine afin de conjuguer au présent la mise en valeur de l’identité du patrimoine local et les nouveaux besoins de la ville en matière culturelle. L’extension sera traitée avec la géométrie simple en parallélépipède avec des matériaux contemporains : bardage verrier, menuiseries en acier, mur rideau en verre. Le traitement architectural de cette partie doit rendre lisible, sans ambiguïté, l’intervention contemporaine, sans pasticher l’ancien.
De l’extérieur
Le bâtiment joue habilement de ses deux façades, l’une tournée vers la Place de l’Hôtel de Ville et l’autre vers l’Hourride. Cette deuxième, grâce à la terrasse et aux murs en verre, aménagés dans la partie contemporaine, offre une belle vue sur le paysage environnant. Au niveau de l’entrée, la médiathèque dispose désormais d’un vrai parvis qui met en valeur la façade principale et devient un lieu de vie grâce au mobilier urbain confortable. Une pente douce est créée afin de permettre l’accès de tous les publics. La façade existante sera enduite à la chaux. Le volume construit en 1887 qui accueillait la scène, va disparaître au vu de son caractère obsolète et structurellement affaibli. Du côté de l’Hourride, le passage piéton, bordé d’un mur en briques, est conservé, il permet d’accéder au cours d’eau en contournant la médiathèque depuis la Place de l’Hôtel de Ville.
A l’intérieur
A l’intérieur, la sobriété est de mise avec le traitement de surfaces (sol et murs) dans les nuances plus ou moins claires du gris. La touche de couleur est apportée par le mobilier design, le mobilier enfant et les collections. Au rez-de-chaussée, dans la partie extension, les murs sont peints en vert d’eau contribuant à la continuité de la présence végétale aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur (cette façade donne sur une bambouseraie de l’autre côté de l’Hourride). De nombreuses surfaces vitrées apportent de la clarté et jouent sur le côté intérieur/extérieur très présent dans le bâtiment l’inscrivant ainsi dans son environnement urbain et paysager.